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Le terrible job de parents, la faute au bébé?

Allez hop un peu de remou dans ce monde rose (ou bleu!) et « parfait » des bébés 😉

De plus en plus, on entend, on lit, on voit à la télé qu’être parent c’est vraiment « super difficile », qu’on est limite voué à la depression, au burn out à tout ce que vous voulez de pessimiste.
Un peu pour contrebalancer une idée apparemment installée depuis des siècles comme quoi être parent était l’aboutissement merveilleux de toute vie humaine.

Hum hum… devant tout ça je me dis: et le juste milieu personne ne connaît?
Sommes-nous sans cesse obligés de tomber dans les extrêmes de passer d’une mode à une autre, tout aussi extrême l’une que l’autre, une décennie être parent c’est magique et merveilleux, la décennie suivante c’est juste horrible d’élever des mioches, qu’ils se demerdent un peu seuls, et puis hop on revient à un maternage dit proximal où il te faut être de supers parents ecolos, bios, non violents et compagnie.
Et ben, faut suivre hein je vous le dis!

Alors déjà, tous ces parents se plaignant qu’on leur a menti, qu’avoir des enfants c’est pas tout rose (ou bleu!) et que c’est trop dur, et qu’ils n’ont plus de temps/de vie et que ça les plonge dans une depression justifiant qu’ils ne s’occupent donc plus de la marmaille (qu’en général ils ont voulu hein!), je me demande: mais OU avez-vous lu/vu/entendu ça??? Vous êtes vous vraiment un minimum bien renseigné avant de décider de faire (ou garder) un bébé? Qui dit que c’est tous les jours (et nuits! ne les oublions pas hein) super facile, naturel, sans concession et merveilleux? Je demande à voir/lire quand même.
N’est-ce pas juste un pretexte quelque part car on ne veut pas soi même admettre son erreur de jugement, sa difficulté à gérer des changements qu’on a souhaité, qu’on a voulu? Ne pas assumer ses responsabilités et ses limites, limites qui sont humaines, donc en gros ne pas accepter que non nous ne sommes pas parfaits, pas de super héros.

Si on me demande ce que je pense de la maternité, oui je dirais que c’est magique, oui je dirais que j’adore mes monstrouilles plus que tout, qu’elles sont belles, merveilleuses et parfaites (oui pour moi elles sont parfaites, leurs défauts font leur perfection et je les aime tout autant que le reste) et oui j’ajouterais que ce n’est pas facile, que c’est un challenge quotidien, un grand boulversement auquel il faut être prêt car même en étant prêt ce n’est pas tous les jours facile, pour soi, pour le couple, pour l’entourage.
Mais non je ne dirais jamais que c’est l’enfer, que je regrette, qu’à cause d’elles je suis déprimée/fatiguée/terne, car ça serait leur mettre un poids énorme sur leurs tout petit dos, un poids qu’elles ne méritent pas, elles qui n’ont rien demandé à personne, elles qui n’ont pas demandé à exister à la base tout simplement.
Si parfois je n’assure pas, c’est ma faute, ma responsabilité, ça peut être lié à ma vie de famille mais ce sont mes propres failles qui ressurgissent, des failles passées bien enfouies, vicieuses, endormies qui attendent le meilleur moment pour attaquer (celui ou vous dormez peu, ou vous vous battez pour trouver un moment pour aller au toilette ou prendre une simple douche).
Alors oui je trouve que les enfants on vraiment bon dos pour assumer les défauts, failles et limites des parents. Et à voir les médias, la société d’aujourd’hui vous conforte là dedans.

Je ne dénigre pas la depression post partum, ou le burn out, je dis juste qu’il faut remettre les choses en perspective et accepter de prendre ses responsabilités.
J’ai le sentiment que ce qui bouffe les parents, ce ne sont pas les bébés/enfants même, non c’est cette fameuse quête de la perfection! Quête fondée par la société, par tout à chacun. Il faut être parfait, un parent parfait suivant la mode à la lettre et rentrant dans le moule (et je n’entre pas dans le débat de la quête de la super mère de famille, épouse modèle et Business woman accomplie pfiouuu).

En ce moment, la mode veut qu’on utilise le portage, le cododo, couches lavables, éducation non violente, voir école à la maison et j’en passe.
Et BEAUCOUP de parents se sentent attaqués, remis en cause dans leur rôle de parent mais aussi d’être humain, si ils ne suivent pas ces tendances, s’ils ne se retrouvent pas là dedans.
En exemple vous avez le mouvement « mère indigne », il est rigolo celui-là, c’est un peu un regroupement de maman qui n’assument pas vraiment de ne pas arriver à rentrer dans la tendance du moment et se proclament sous un faux air ironique « mère indigne ». Attention, ce n’est pas le cas de toutes bien entendu, mais toutes celles que j’ai pu cotoyer assez longtemps c’était ça tout de même et pas franchement assumé.

Toutes ces pressions, ces tendances, ces jugements font du job de parent quelque chose de ne pas évident à gérer, mais au final si on regarde bien, ce n’est pas le petit bébé qui est à l’origine de tout cela, c’est le parent, son besoin d’être rassuré, jugé positivement, reconnu comme bon parent, c’est la nature humaine tout simplement qui est ainsi.

Pour être un bon parent épanoui, je pense qu’il faut juste se faire confiance, ne pas trop écouter les autres (ce qui n’est pas évident, surtout que les autres adorent vous donner des conseils que vous ne demandez pas), ne pas se laisser ou se sentir juger constamment, avoir confiance en ces choix qui seront de toute façon différents de ceux du voisin et vous savez pourquoi? parce que vous n’êtes pas le voisin et que vous n’avez pas le même enfant! Son petit monstre peut avoir l’air terrible ou avoir l’air parfait, ses parents peuvent le trouver terrible ou parfait, c’est leur ressenti à eux, vous n’auriez pas le même, même si vous étiez à leurs places car nous avons tous des limites différentes selon les moments de nos vies.
Par exemple, je trouve que mes monstrouilles sont plutôt faciles, mais d’autres parents ne penseraient ptet pas ça! J’ai rencontré des parents trouvant leur bébé « difficile » et l’entourage le décrivait comme tel d’ailleurs, alors que lors de son séjour d’une semaine chez nous nous avons vu un petit bébé souriant et agréable, qui ne dormait peut être pas enorméement mais qu’on entendait très peu (et pourtant je ne suis pas « Madame-patience-voit-tout-en-rose »).

Etre parent est si personnel, l’éducation et les jugements sont on ne peut plus subjectif et je sais que je rêve complétement mais si nous vivions dans un monde où les uns et les autres se jugeaient moins, si on regardait moins la voisine et qu’on lui crachait moins dessus afin de se sentir soit même un peu moins misérable, et bien on serait tous plus heureux et épanouis et les enfants les premiers! Dites vous bien que ceux qui vous jugent et vous font des reflexions, tout cela n’est que le reflet de leurs propres frustrations et ne laisser pas cela vous gâcher le bonheur d’être parent car oui, malgré toutes les embuches de la vie c’est un bonheur incommensurable 🙂

« Que l’on fasse un enfant blond ou brun, c’est déjà très joli,
quand on en a fait un. »
Citation d’Alfred De Musset; Premières poésies, Namouna – 1832

 

Cet article est mon premier (gros je vous l’accorde) pavé de la mare au canard de la mère Cane 🙂

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5 réponses à “Le terrible job de parents, la faute au bébé?

  1. J’aime bien cette phrase, dans ton article : « mais au final si on regarde bien, ce n’est pas le petit bébé qui est à l’origine de tout cela, c’est le parent, son besoin d’être rassuré, jugé positivement, reconnu comme bon parent, c’est la nature humaine tout simplement qui est ainsi. »
    Je pense que c’est tout à fait vrai, sauf que c’est l’arrivée du bébé qui révèle tout ça aux parents. Auparavant, pour des choses plus « futiles » que d’élever un enfant, l’adulte arrivait sûrement mieux à faire fi des jugements et à s’assumer. Mais quand arrive l’enfant, c’est un monde très nouveau qui s’ouvre et l’adulte, s’il n’est pas suffisamment préparé ou sûr de lui de façon générale, va effectivement vite perdre pied face aux difficultés, petites ou grandes, engendrés par la parentalité (conseils et critiques permanents,, etc), d’autant plus que cela touche au bien-être d’un tout petit être humain que l’on aime de toutes ses forces, sujet forcément plus sensible que d’assumer son look par exemple ou d’envoyer paître les gens qui n’aiment pas notre mode de vie…

  2. Superbe article ! J’ai souri plusieurs fois à sa lecture… preuve que tu es dans le vrai (me concernant en tout cas !) Continues, j’adore ! Biz 😉

    1. @ MadameSioux: et oui la maternité (et paternité!) fait ressortir bien des choses, ça touche aux tripes ces petits êtres mignons 🙂 Mais je trouve important de garder à l’esprit qu’ils n’ont rien demandé et qu’il faut assumer ses actes et choix, ça ne peut que aider.
      @ Cecile: Merci 😀
    • Là-dessus, je te réponds sans hésiter que ça me paraît évident aussi : c’est nous les adultes et ils n’ont pas demandé à être là. Mais moi, j’aurais aimé être mieux préparée à ce chamboulement (j’en parlais dans un article y’a qq semaines), même si je ne sais pas trop ce qui aurait pu me préparer à « tout ça » finalement (« tout ça » = autant la fatigue, le don de soi et les questionnements que le bonheur inimaginable de simplement regarder vivre mon enfant, cette joie d’échanger et partager avec lui, cette fierté de le voir grandir et apprendre, toussa toussa… 🙂 )

  3. Oui c’est vrai que ce n’est pas évident de se préparer à tout ça comme tu dis, dans tous les cas ça reste un grand boulversement, et selon l’entourage et l’aide qu’on a le ressenti est différent encore une fois, nous qui sommes loin de toute famille n’avons pas de babysitter à portée de main, j’ai des amies qui peuvent plus facilement « souffler » de temps en temps grâce aux grands parents qui ne sont pas bien loin, là encore ça offre des visions très différentes de la maternité (tout comme si on bosse ou non etc etc).

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